petite astuce pour observer

Pour débuter

En regardant le ciel à l'½il nu, vous vous êtes familiarisé avec le dessin des principales constellations, vous avez appris à reconnaître certaines planètes, vous vous êtes émerveillés devant un croissant de Lune... Bref, le spectacle de la nuit ne vous laisse pas indifférent ! Il ne fait alors aucun doute que vous pouvez envisager sérieusement l'achat d'un instrument d'astronomie. Dans une petite lunette ou un télescope, le ciel prendra en effet une toute autre dimension.


Pourquoi ?

D'une part parce que vous pourrez grossir les images. Songez qu'avec un grossissement de seulement 50 fois, vous survolerez les cratères de la Lune, vous observerez les phases de Vénus, les nuages tourmentés de Jupiter et bien sûr les merveilleux anneaux de Saturne. D'autre part, malgré leur aspect toujours ponctuel compte tenu de leurs distances astronomiques, les étoiles ne manqueront pas de vous surprendre. Nombreuses par exemple sont celles qui vivent en couple : là où l'½il ne voyait qu'un astre, vous découvrirez deux petits points accolés. Enfin, en collectant plus de lumière que l'½il, l'objectif d'une lunette ou le miroir d'un télescope permettent de capter les lueurs d'amas d'étoiles, de nébuleuses et de galaxies, trop faibles pour apparaître à l'½il nu. En vous promenant le long du ruban argenté de la Voie lactée, vous rencontrerez ainsi d'innombrables trésors cachés.



Quel instrument choisir ?

Le choix d'un instrument est bien entendu fonction de votre budget. A moins de 1000 F, mieux vaut vous contenter d'une bonne paire de jumelles lumineuse, de type 7x50 par exemple, qui vous donnera de belles images de la Voie lactée et d'objets comme l'amas des Pléiades ou la galaxie d'Andromède. Vous ne pourrez cependant pas vous lancer dans l'exploration des planètes, qui demeureront ponctuelles. Pour cela, une petite lunette astronomique s'impose. Comptez à partir de 1500 F pour un instrument de qualité muni d'un objectif de 60 mm.
Attention : bannissez les lunettes en kit à bas prix, de conception tout plastique, qui ne fourniront absolument pas des images à la hauteur de la beauté du ciel. A partir de 2500 F, vous aurez accès au fameux télescope 115/900, moins facile à manipuler qu'une petite lunette, plus encombrant, mais délivrant des images lumineuses et détaillées. Un "must" pour le débutant sérieux et motivé ! Au-delà de cette gamme de prix, les instruments sont légion et vous n'aurez que l'embarras du choix ! A prix équivalent, un télescope est plus lumineux qu'une lunette, mais souvent plus délicat à utiliser (prévoir notamment de régler les miroirs). De manière générale, plus le diamètre est important et plus vous pouvez voir de choses, mais plus l'instrument est lourd et encombrant. N'oubliez pas qu'observer le ciel est un plaisir qu'il ne faut pas gâcher en investissant dès le départ dans un matériel difficile à manipuler, notamment si celui-ci est destiné à un enfant.



La monture : un élément à ne pas négliger.

La monture est le support qui sert à soutenir et à orienter une lunette ou un télescope. Sa qualité est très importante. En effet, une monture trop frêle peut être la cause d'interminables vibrations, lorsque vous pointez un astre ou faites la mise au point par exemple. C'est souvent le point faible des instruments d'initiation : suspectez toute conception trop "plastique".

Il existe deux types de montures.
Celles dites azimutales sont les plus simples à utiliser, puisqu'elles permettent d'orienter l'instrument de manière naturelle, de bas en haut et de gauche à droite. Mais puisque la Terre tourne, l'objet méticuleusement pointé va irrémédiablement s'échapper du champ de vision, ce qui oblige à décaler sans cesse l'instrument.
C'est pour contourner cette difficulté que la monture équatoriale a été conçue. Son utilisation est plus délicate, puisqu'il faut orienter son axe principal en direction de l'étoile polaire et équilibrer l'ensemble en déplaçant un contrepoids. De plus, les mouvements "équatoriaux" peuvent surprendre au début. Cela dit, après quelques séances d'entraînement, ce type de monture se révèle très utile, puisqu'il suffit de tourner une petite molette pour suivre la course des astres dans le ciel. Un moteur peut même automatiser ce rattrapage, ce qui permet de se concentrer parfaitement sur l'observation. Notons que de nouvelles montures azimutales pilotées par électronique équipent désormais de nombreux instruments. Munies d'un système "GO-TO", vous n'avez qu'à leur afficher l'objet que vous voulez voir pour qu'elles le débusquent aussitôt !



Comment observer la Lune et les planètes ?

L'étude de la Lune et des planètes est possible même en pleine ville. Nul besoin par ailleurs d'un gros télescope pour débuter : une petite lunette de bonne qualité fournira déjà des résultats remarquables. Puisque la turbulence atmosphérique brouille les images, n'observez les planètes que lorsqu'elles sont hautes dans le ciel. Grossissez en moyenne l'équivalent du diamètre de votre instrument, soit 60x avec une lunette de 60 mm et environ 100x avec un télescope de 115 mm. Il est souvent inutile de grossir davantage : les détails sont alors moins contrastés, donc moins apparents.
Que peut-on voir ? Vénus souvent éclatante, dans les lueurs du crépuscule ou du couchant. Tantôt ronde et petite, tantôt en croissant et plus grosse, elle est d'un blanc immaculé. La brillante Jupiter dont vous pourrez suivre, de soir en soir, le ballet de ses 4 plus gros satellites qui ont tant fasciné Galilée. Son atmosphère nuageuse vous livrera quelques-uns de ses secrets : bandes parallèles, taches colorées dont la fameuse tache rouge. Saturne avec son magnifique cortège d'anneaux est la promesse certaine d'une émotion irremplaçable la première fois que vous la rencontrerez. Mars n'est bien visible qu'à certaines périodes. Quand celles-ci sont favorables, tentez de distinguer sur ce petit confetti orangé les calottes glaciaires, ainsi que quelques zones sombres.



Comment observer les objets diffus ?

Les amas, les nébuleuses et les galaxies n'apparaissent généralement que lorsque le ciel est bien noir, loin de la pollution lumineuse générée par les éclairages des villes. L'observateur habitant à la campagne est favorisé. Le citadin pourra, quant à lui, investir dans un instrument transportable afin de s'échapper sous des cieux plus sombres. Dans un petit télescope, les astres du ciel profond n'ont pas la beauté des photographies couleur. Plus le diamètre de l'instrument sera important, mieux vous les verrez, c'est la seule règle ! En observant ces objets, situés à des milliers d'années-lumière, vous ferez de fabuleux voyages dans l'espace et le temps. Pour repérer leur position, utilisez un atlas du ciel avec des cartes précises.
Que peut-on voir ? Les nébuleuses, vastes nuages de gaz, apparaissent mieux aux faibles grossissements. L'une des plus belles est celle d'Orion. Les amas sont des groupements d'étoiles. Seul un faible grossissement permet également d'en saisir l'étendue. L'amas des Pléiades et le double amas de Persée comptent parmi les plus connus. Les amas globulaires renferment des milliers d'étoiles. Ils sont brillants et certains peuvent être étudiés en ville. Le même grossissement que celui utilisé pour les planètes permet d'en résoudre une partie. L'amas d'Hercule est l'un des plus jolis spécimens. Les restes d'étoiles mourantes s'observent dans les mêmes conditions que les amas globulaires. Dans le ciel d'été, l'anneau de la Lyre ne pourra pas vous échapper. Beaucoup plus éloignées, les galaxies sont aussi plus difficiles à observer. L'une d'elles peut être repérée à l'½il nu : la galaxie d'Andromède.

Observateurs des villes

Sous un ciel terni par un éclairage public de moins en moins rationnel, l'observateur des villes ne peut plus arpenter le chemin de la Voie lactée, ni plonger dans les profondeurs de l'Univers. Si la nuit étoilée recule chaque jour un peu plus face aux assauts de la pollution lumineuse, les astres les plus brillants résistent encore... C'est vers eux que l'observateur des villes devra se tourner. La Lune et les planètes, mais aussi nombre d'étoiles colorées, doubles ou variables, seront ses cibles privilégiées.


Quel télescope choisir ?

Dans une paire de jumelles, la Lune dévoile déjà quelques cratères mais les planètes restent pratiquement ponctuelles. Une lunette ou un télescope s'avère par conséquent indispensable pour explorer notre système solaire. Les détails à la surface de la Lune et des planètes demeurant souvent très subtils, la qualité optique de l'instrument prime sur le diamètre. Mieux vaut une lunette d'ouverture moyenne mais d'excellente qualité plutôt qu'un gros télescope de mauvaise facture. Bien entendu, à qualité égale, plus le diamètre de l'instrument augmente, meilleure est la définition, mais plus la turbulence atmosphérique devient sensible. En tant qu'observateur des villes, vous pourrez débuter avec une lunette d'un diamètre compris entre 60 et 100 mm selon votre budget. Ne nécessitant ni réglage, ni entretien, un tel instrument vous donnera toujours satisfaction.



Si la place manque cruellement sur votre balcon, il existe des télescopes très compacts : les Maksutov ou les Schmidt-Cassegrain. Les amateurs fortunés pourront investir dans une lunette de type apochromatique, délivrant des images très pures des planètes. Quel qu'il soit, l'instrument doit reposer sur une monture stable, afin que votre plaisir d'observer ne soit pas gâché par des vibrations intempestives. Les accessoires revêtent également une grande importance. En grossissant l'image, les oculaires peuvent introduire de nouveaux défauts si leur qualité est insuffisante. Avec de l'expérience, vous pourrez immortaliser vos observations à l'aide d'un appareil photo, d'une caméra CCD ou même simplement d'une petite webcam.



Quelques conseils

L'observation de la Lune et des planètes, si elle ne requiert pas un ciel parfaitement noir, demande en revanche une très grande précision d'image. L'ennemi de l'observateur des villes a un nom : la turbulence ! Lorsqu'elle sévit, la turbulence brouille la vision des astres à travers un télescope.



Si votre instrument n'est pas à la même température que l'air extérieur, par une froide nuit d'hiver par exemple, cela provoque des remous à l'intérieur du tube optique. Pour éviter ce phénomène, prévoyez simplement de sortir votre télescope environ une heure avant le début de vos observations. Les sols en ciment des balcons et des parkings emmagasinent la chaleur au cours de la journée. Ils peuvent créer des turbulences en début de nuit, mais leur température s'équilibre ensuite progressivement avec celle de l'air ambiant. Notez qu'à travers une fenêtre ouverte, cet équilibre n'a pratiquement jamais lieu et les images ne sont jamais parfaitement stables.

Enfin, la turbulence atmosphérique, due aux mouvements des masses d'air, est omniprésente et inévitable mais peut varier fortement d'une nuit à l'autre. Surveillez les étoiles brillantes : si celles situées haut dans le ciel scintillent fortement, attendez-vous à des images de piètre qualité. En revanche, si l'éclat des étoiles proches de l'horizon demeure quasiment fixe, la nuit sera magique ! Pour exploiter au mieux votre télescope, vérifiez régulièrement l'alignement des miroirs et n'oubliez pas que les détails les moins contrastés des surfaces planétaires recquièrent une observation prolongée.



La Lune dévoile des paysages saisissants. Attardez-vous sur le terminateur, cette limite entre le jour et la nuit. C'est là, sous la lumière rasante du Soleil, que les cratères et les montagnes, les plissements et les failles acquièrent le plus de relief. Grâce aux phases, vous pourrez découvrir l'ensemble des formations lunaires en moins d'un mois. Les planètes n'apparaissent en revanche de façon favorable qu'à certaines périodes de l'année : consultez les éphémérides de Ciel et Espace pour connaître leur position et leur visibilité.

Vénus est une planète éblouissante : mieux vaut l'observer à l'aube ou au crépuscule, lorsque la nuit n'est pas encore complètement noire. Même au plus faible grossissement, l'amateur pourra suivre avec délectation l'évolution de ses phases.



Mars est plus difficile à observer. Il faut attendre que sa distance à la Terre soit minimale, soit tous les deux ans et deux mois environ. Lors de ces oppositions, il devient possible d'observer les zones sombres sur le sol et de surveiller les calottes glaciaires aux pôles, qui fondent puis se reforment au rythme des saisons martiennes.





Jupiter, la planète géante, est passionnante. Outre le ballet des quatre satellites galiléens, les formations nuageuses changeantes, dont la fameuse tache rouge, offrent à l'observateur des villes un spectacle sans cesse renouvelé. Saturne enfin, mérite le titre de "perle du système solaire" car ses anneaux offrent l'un des plus beaux spectacles célestes. Vous pourrez voir évoluer lentement leur inclinaison au cours des 30 ans que dure une révolution de Saturne autour du Soleil.



Alors qu'à l'oeil nu les étoiles ne sont que de petits diamants dispersés sur la toile de la nuit, un télescope permet de découvrir les plus brillantes sous un jour nouveau, même en ville. Certaines sont très colorées, d'autre voient leur éclat varier. Les plus jolies à travers un oculaire sont sans doute les étoiles doubles. Parfois faciles à séparer, d'autres fois pratiquement collées l'une à l'autre, elles présentent souvent de magnifiques contrastes de couleurs.

Observateurs des champs

Loin des villes et de leur débauche de lumière gaspillée vers le ciel, l'observateur des champs bénéficie d'un panorama exceptionnel sur les étoiles. Outre la Lune et les planètes, qu'il peut étudier à loisir, il dispose d'une fenêtre grande ouverte sur l'Univers. Cachés entre les étoiles, trop faibles pour être visibles à l'oeil nu, des milliers d'amas d'étoiles, de nébuleuses et de galaxies attendent l'astronome et son télescope. Nuit après nuit, il apprendra à saisir leur pâle lueur, vieille de milliers ou de millions d'années !

Quel télescope choisir ?



Si vous êtes observateur des champs, vous pourrez vous permettre de choisir l'instrument le mieux adapté à votre sujet de prédilection. Vous ne jurez que par la Lune et les planètes ? Une lunette de bonne qualité, identique à celle de l'observateur des villes, conviendra parfaitement. Vous souhaitez explorer les nébuleuses et les galaxies lointaines ? Le diamètre de l'optique devient décisif ! Il faut en effet emmagasiner le plus de lumière possible pour entrevoir ces faibles tâches diffuses. La luminosité d'un instrument augmente comme le carré du diamètre : un miroir de 200 mm collecte 4 fois plus de lumière qu'un autre de 100 mm ! Un télescope Newton de 150 à 200 mm d'ouverture vous donnera déjà une grande satisfaction pour un prix raisonnable.

Une monture azimutale de type Dobson, simple à manipuler, convient très bien dans la mesure où vous n'envisagez pas de vous lancer dans la prise de vue. Dans le cas contraire, une monture équatoriale stable et motorisée devient indispensable... Sans oublier tout le système de guidage. Si votre budget vous permet d'envisager l'achat d'un télescope de grande ouverture, les Schmidt-Cassegrain offrent de bonnes performances pour un encombrement réduit. Leur polyvalence vous garantira des images de bonne qualité des objets du ciel profond comme des planètes. Pour l'observation du ciel profond, un oculaire à très grand champ permet d'embrasser de vastes régions stellaires. Par ailleurs, il existe des filtres spéciaux qui accroissent le contraste de certaines nébuleuses de manière très spectaculaire, même sous un ciel parfaitement noir.


Quelques conseils

Profiter pleinement d'un ciel bien noir de campagne requiert quelques précautions. Il faut tout d'abord vous assurer que la Lune ne va pas venir perturber vos observations : il est impossible d'observer les objets faibles lorsqu'une Lune gibbeuse ou pleine rôde dans le ciel ! La seconde étape consiste à laisser vos yeux s'acclimater au moins 10 à 20 minutes à l'obscurité. Mettez à profit cette période d'accommodation pour vérifier la transparence du ciel. Cette dernière joue un grand rôle dans l'observation des nébuleuses et des galaxies. Même loin de toute source de pollution lumineuse, un ciel brumeux, s'il convient parfaitement à l'observation des planètes, ne vous donnera pas grande satisfaction sur les objets faiblement lumineux.

La visibilité à l'½il nu de l'amas d'Hercule, de la galaxie d'Andromède ou l'amas des Pléiades vous renseignera sur la pureté du ciel. Une fois votre pupille grande ouverte, préservez-la à tout prix en évitant tout éblouissement intempestif. La lecture des cartes et atlas nécessaires à l'orientation dans le ciel ne doit se faire qu'à l'aide de lampes de poche peu puissantes et filtrées à l'aide d'un papier rouge. Songez qu'allumer quelques minutes une lampe sous ses yeux revient, en diaphragmant la pupille, à réduire notablement les capacités de votre télescope ! Par ailleurs, en utilisant la technique de la " vision décalée ", qui consiste à ne pas fixer directement l'objet mais à regarder légèrement à côté, vous serez en mesure de discerner des détails qui échapperaient à d'autres observateurs.

Sans le rideau de pollution lumineuse des villes qui masque les étoiles, la nuit étoilée retrouve toute sa beauté et sa profondeur. Même à l'½il nu, la tapisserie cosmique a de quoi donner le vertige. La Voie lactée étend ses volutes argentées dans le ciel d'été, la moindre étoile filante attire le regard, même la lumière zodiacale allonge parfois son fuseau le long de l'écliptique... Dans des jumelles lumineuses, tantôt la lueur diffuse d'une nébuleuse, tantôt le scintillement d'un petit amas d'étoiles deviennent source d'émerveillement. Avec un télescope, ces objets prennent d'autant plus d'ampleur que le diamètre est important. Même au plus faible grossissement, les amas ouverts, agglomération de plusieurs dizaines ou centaines d'étoiles jeunes, brillent comme écrins entrouverts sur le velours du ciel.

Les amas globulaires, plus compacts et plus riches, sont plus difficiles à résoudre en étoile. Ils prennent l'aspect de boules de neige lumineuses mais floues dans les petits instruments et seuls de plus gros télescopes peuvent en révéler toute la richesse. Un oculaire à grand champ s'avère souvent nécessaire pour capturer dans leur ensemble les nébuleuses diffuses, ces nuages de gaz et de poussières qui jalonnent les bras de notre Galaxie.

Les nébuleuses planétaires, coquilles de gaz expulsées dans l'espace par des étoiles à l'agonie, sont petites mais généralement brillantes. L'étoile au centre de la nébuleuse est parfois visible, tout comme la délicate couleur vert émeraude du disque. Dans les télescopes d'amateurs, les galaxies, véritables Univers-îles, se comptent déjà par milliers. Les plus captivantes sont les galaxies spirales. Si leur noyau est brillant, leur structure se cache pudiquement dans la faible lueur de leur surface. Un télescope de 200mm d'ouverture permet pourtant, dans d'excellentes conditions, de deviner les bras spiraux de quelques-unes des plus brillantes.
Préparer ses observations

Sortir son téléscope et se promener au hasard parmi les étoiles peut être intéressant, mais quand on débute et qu'on ne connaît pas les principaux objets visibles au moment où l'on observe, cela peut vite se révéler frustrant et décourageant. C'est pourquoi il est recommandé de prévoir une petite liste d'objets à observer, ce qui ne demande pas forcément énormément de temps. Une liste d'une dizaine d'objets (surtout si on ne les a jamais observés, ce qui va obliger à passer un peu de temps à leur recherche) suffit déjà à remplir une soirée.

Première question: quelles sont les planètes visibles ?

C'est en effet la première question à se poser. Les planètes ne sont pas toutes visibles à n'importe quel jour de l'année, il faut donc savoir lesquelles sont présentes, d'autre part elles peuvent être visibles plutôt le matin, plutôt le soir, en début ou en fin de soirée (voir les éphémérides de la rubrique pour savoir lesquelles sont visibles).

Si une planète est visible "en soirée" ou "en début de nuit", cela veut dire qu'elle sera présente dés la tombée de la nuit mais aussi qu'elle sera relativement basse, et donc qu'elle va se coucher plus ou moins rapidement une fois la nuit venue. Il faut donc prévoir de l'observer en début de séance. Inversement, une planète visible "en deuxième partie de nuit" ne le sera pas immédiatement, mais va se lever en milieu de nuit, il faudra donc prévoir de l'observer un peu plus tard.

Les planètes dont l'observation présente un intérêt sont Jupiter, Saturne, Vénus et Mars. Elles sont facilement visibles à l'oeil nu, c'est pourquoi leur repérage ne devrait pas poser trop de problème (savez-vous reconnaître une planète d'une étoile à l'oeil nu ? Une étoile scintille tandis qu'une planète brille d'un éclat fixe).

Deuxième question: la Lune est-elle présente ?

Si la Lune est présente, et bien voilà un objet de plus à observer ! Personnellement, depuis que j'ai pointé mon téléscope sur la Lune, j'avoue ne jamais me lasser de son observation (sauf en cas de Pleine Lune, seul jour où l'observation de notre satellite ne présente aucun intérêt).

Cependant, la présence de la Lune rend le ciel lumineux et peut rendre délicat l'observation des objets du ciel profond. En particulier, entre le Premier Quartier lunaire et la Pleine Lune, il est pratiquement impossible de faire du ciel profond. Dans ce cas-là, votre liste d'objets observables va se réduire aux planètes et à la Lune, à moins que vous ne choisissiez d'observer des étoiles doubles, objets qui ne demandent pas la présence d'un ciel spécialement noir (les jours suivants la Pleine Lune, celle-ci se lève de plus en plus tard dans la nuit, donc on a le temps d'observer durant la première partie de la nuit).

Si la Lune est absente, ou peu gênante, on va pouvoir compléter notre liste à l'aide d'objets du ciel profond.

Troisième question: si la Lune est absente, ou peu gênante, quelles sont les constellations observables ?

Il s'agit maintenant de regarder une carte du ciel afin de vérifier quelles sont les constellations présentes selon la période de l'année choisie. De même que les planètes, les constellations se lèvent à l'est et se couchent à l'ouest (en très gros...), c'est pourquoi évidemment il faut prévoir d'observer les constellations en commençant par celles qui sont à l'ouest pour finir par celles qui sont à l'est.

En général, je choisis une constellation que je veux observer en détail, en préparant une petite liste d'objets qui y sont rattachés, une carte de la constellation en question et éventuellement quelques notes pour m'aider à repérer certains objets, en particulier ceux que je n'ai jamais vus.

Quand on débute, on peut aussi choisir d'observer les objets les plus faciles correspondants à la saison (vous pouvez vous inspirer des "Best-of", dans les rubriques observations par exemple...). Ce sont en général des objets du catalogue Messier, désignés par la lettre M (M31, M42 etc...), qui sont les objets les plus faciles à voir (il y a cependant des exceptions !). Le second catalogue le plus connu après celui de Messier est le catalogue NGC, qui regroupe également certains objets très faciles à voir (plusieurs sont plus visibles que certains Messier !).

Voilà, j'espère que cette page vous aidera à préparer de manière efficace vos observations. Il est inutile d'être trop ambitieux quand on débute, prévoir une liste d'une dizaine d'objets du ciel profond ainsi qu'une ou deux planètes permet déjà d'obtenir une soirée d'astronomie bien remplie.

Je vous souhaite de bonnes observations !


Préparation du téléscope

Afin d'utiliser efficacement le téléscope, voici une liste d'opérations à effectuer avant de se lancer dans une séance d'observation ou de photographie:

1)Réglage du chercheur(à faire de jour)

Il faut savoir que le chercheur n'est jamais réglé d'origine, et que la première tâche à effectuer une fois le téléscope monté, c'est de le régler afin qu'il soit parallèle au tube, pour que l'objet que l'on vise avec se retrouve au centre de l'oculaire ! Le réglage du chercheur se fait de jour. Pour cela, on procède ainsi:

- tout d'abord, on met un oculaire à faible grossissement (le 20 mm par exemple)

- ensuite, en regardant uniquement dans l'oculaire, et donc sans s'occuper du chercheur, on vise un objet lointain (clocher, toit, montagne...)

- on fait la mise au point et on le centre le mieux possible dans l'oculaire

- maintenant, on regarde dans le chercheur, et en agissant sur les trois vis qui le maintiennent, on le régle pour mettre l'objet visé au centre du réticule (la croix qu'on voit dans le chercheur)

- éventuellement on peut refaire l'opération avec un oculaire qui grossit plus pour augmenter la précision du réglage, mais ça n'est pas absolument nécessaire

- normalement, il n'y a plus besoin de refaire le réglage après ça. Cela dit, les vis plastique n'assurent pas forcément un maintien très ferme du chercheur, donc mieux vaut vérifier de temps en temps s'il ne s'est pas déréglé.

Quelques remarques:

- on peut aussi faire ce réglage de nuit, sur une étoile, mais ça n'est pas très pratique! Autant le faire de jour !

- le système des trois vis de réglage, ça n'est pas vraiment très pratique non plus...

- le chercheur 5x24 est vraiment petit et très peu lumineux... Il est donc conseillé de le remplacer le plus vite possible par un chercheur de diamètre plus important ou par un pointeur (cela dit je dis ça, mais après un an d'utilisation du téléscope, j'ai toujours ce chercheur et je continue à trouver de nouveaux objets, donc il est tout de même utilisable...).

2)Utilisation de la monture EQ2 (à faire de jour et ceux qui ont une monture EQ2)

Le but de cette rubrique est uniquement de permettre aux débutants de repérer rapidement les éléments importants permettant de régler et d'utiliser la monture du téléscope.

Vis de latitude:

c'est en manipulant cette vis qu'on règle l'inclinaison de la monture. En théorie, il faut tourner la vis pour que la graduation indique la latitude du lieu d'observation. Pour la France, on peut mettre l'aiguille autour de 45°. Cette précision est suffisante pour observer. Pour réaliser une mise en station précise, il faudra manipuler cette vis.

Vis d'azimut:

c'est cette vis, qui se trouve sous le trépied, qu'on serre pour fixer la monture au trépied. Il faut également bien la repérer, car c'est elle qu'il faudra aussi manipuler pour réaliser une mise en station précise. Comme on peut le voir, elle ne permet pas un réglage "fin" de la monture, ce qui pénalise sa précision.

Axe et cercle des ascensions droites:

c'est cet axe qui doit être orienté au nord afin de pouvoir utiliser convenablement la monture du téléscope. La flèche qui se trouve entre R et A (R.A.: Right Ascension pour ascension droite en anglais) doit pointer dans cette direction.

Le cercle, gradué de 0 à 24 heures, est le cercle des ascensions droites, et il peut être utilisé pour repérer sommairement des objets dont on connaît les coordonnées. Comme on peut le voir, il est loin d'être précis ! Il y a deux échelles de graduation. L'échelle à utiliser dans l'hémisphère Nord est celle du bas.

Enfin, c'est un cercle mobile, qu'on tourne à la main pour faire du pointage par coordonnées. Attention cependant à la position de la vis qui se trouve au-dessus du cercle: quand celle-ci est serrée à fond, le cercle est bloqué et tourne avec la monture. Il faut desserrer cette vis pour rendre le cercle mobile. Une fois la vis desserrée, le cercle peut être tourné à la main, et quand on débloque le frein de l'axe des ascensions droite, on peut tourner l'axe sans que le cercle tourne avec.

Cercle des déclinaisons:

ce cercle est gradué de 90° à 90° (pour -90° à + 90°) et, contrairement au cercle des ascensions droites, il est fixe. En théorie, il peut également être utilisé pour faire du pointage d'objets par coordonnées, en pratique il n'est pas très précis ! Il faut également bien repérer ce cercle, car on en aura besoin si on veut faire une mise en station précise.

3) Equilibrage du téléscope(à faire de jour)


Il est nécessaire de réaliser l'équilibrage du téléscope, car cela facilite grandement le pointage des objets et leur suivi. Normalement, quand on desserre les deux axes et que le télescope est bien équilibré, le tube ne devrait pratiquement pas bouger. Si ça n'est pas le cas, il est temps de le faire ! Cette opération est à réaliser de préférence de jour.

1ère étape:

on commence par serrer le frein de l'axe des ascensions droites, puis on place le tube à l'horizontale, contrepoids vers le bas, comme sur la photo ci-contre (pour cela, il faut dévisser la vis de latitude).

Maintenant, on desserre le frein de l'axe des déclinaisons, et on observe dans quel sens le tube va tourner.

Pour l'équilibrer, il suffit de déplacer le tube dans les colliers de fixation (voir flèches sur la photo) jusqu'à l'obtention d'une stabilité parfaite.

Pour marquer la position d'équilibre, on peut utiliser deux bouts de scotch qu'on place sur le tube devant les colliers de fixation.

De cette façon, la prochaine fois que vous montez le téléscope, vous n'avez plus qu'à positionner le tube à l'aide des repères faits avec le scotch. Ca évite de passer un quart d'heure à équilibrer le tube en pleine nuit, ce qui n'est pas toujours très évident !

Un peu de scotch en guise de repère... Et voilà !


2ème étape:

maintenant, on serre le frein de l'axe des déclinaisons, on desserre le frein de l'axe des ascensions droites et on place le tube comme sur la photo ci-contre, le contrepoids à l'horizontale.

On regarde dans quel sens l'axe pivote, et pour l'équilibrer, on va déplacer le contrepoids le long de la tige (voir les flèches sur la photo), jusqu'à l'obtention de la stabilité.

De même, on peut placer sur la tige du contrepoids une marque de scotch qui servira de repère pour le montage de l'instrument.

Et voilà, le téléscope est équilibré !

La petite marque de scotch sur la tige du contrepoids...


Remarque: en pratique, il est difficile d'obtenir une stabilité parfaite, car la position excentrée du porte-oculaire sur un téléscope de Newton comme le 130/900 a toujours tendance à le déséquilibrer un peu. L'important, c'est que quand on pointe le téléscope dans une direction et qu'on desserre les freins, le tube reste pratiquement dans la même position. On peut dans ce cas-là considérer que le téléscope est correctement équilibré.

4)Mise en station(à faire avant d'observer)

La mise en station est une opération nécessaire quand on utilise une monture équatoriale. Les débutants ont souvent l'impression qu'il s'agit d'une opération très compliquée, mais il faut savoir qu'il y a plusieurs degrés de précision à une mise en station, et qu'une précision de mise en station sommaire est souvent largement suffisante si on se contente d'observer et de trouver des objets par repérage visuel.

Mise en station sommaire:

- tout d'abord, on repère l'étoile polaire. Pour cela, on part de la Grande Ourse, et on prolonge 5 fois le bord extérieur de la "casserole" formé par deux étoiles. On arrive dans une zone du ciel où se trouve une étoile bien plus brillante que les autres, c'est l'étoile polaire, qui indique le nord.

- On règle la latitude sur la latitude du lieu d'observation (pour la France, autour de 45°).

- On place le trépied le plus horizontalement possible en réglant la hauteur des pieds (on peut s'aider d'un niveau pour cela), et de façon que l'axe des ascensions droite pointe vers le nord, donc vers l'étoile polaire. Sur l'EQ2, il y a les lettres R et A sur l'axe, et une flèche dessinée au milieu. Cette flèche doit pointer vers le nord.

Bien, alors si on veut se contenter d'observer, on peut très bien s'arrêter là ! C'est une mise en station très imprécise, mais je la fais ainsi quand je ne veux observer que peu de temps et me contenter de repérer des objets en visuel.

Mise en station plus précise:

- pour améliorer la précision, il faut pointer l'étoile polaire. Tout d'abord, on place le cercle des déclinaisons sur 90 (la déclinaison exacte de l'étoile polaire est un peu plus de 89° en réalité), on serre le frein des déclinaisons et on peut ajuster avec le flexible des déclinaisons. La position sur l'axe des ascensions droites n'a pas d'importance.

- On regarde dans le chercheur, et il faut régler la monture pour que l'étoile polaire soit au centre du chercheur. Attention, pour cela, il faut toucher uniquement aux vis de latitude et d'azimut, et on ne touche pas aux flexibles de déclinaison et d'ascension droite ! Sur l'EQ2, vous constaterez que le réglage en latitude est facile car la vis de latitude permet un réglage fin, par contre le réglage en azimut est plus délicat, la vis ne permettant qu'un réglage grossier.

- Quand la polaire est dans le chercheur, on met un oculaire (en général je mets le 20 mm pour avoir 45x de grossissement) et on centre cette fois la polaire dans l'oculaire, toujours à l'aide des mêmes vis.

- On peut améliorer le centrage de la polaire en refaisant la même opération à l'aide d'oculaires à plus fort grossissement si on veut.

Une fois cette mise en station faite, il ne faut plus toucher ni au trépied, ni aux vis de latitude et d'azimut. On pointera les objets uniquement à l'aide des flexibles d'ascension droite et de déclinaison.Cette mise en station permet de suivre des objets efficacement à l'aide du moteur (avec un faible grossissement de 45x avec le 20 mm ou de 28x avec le 32 mm, un objet pointé reste sans problème 5-10 minutes dans le champ de l'oculaire), elle permet aussi de repérer des objets par pointage différentiel à l'aide des coordonnées et de faire de la photo planétaire à la webcam. C'est la mise en station que je fais la plupart du temps.

Mise en station très précise ?

Je mets un point d'interrogation car je ne sais pas si l'EQ2, avec sa vis d'azimut très imprécise et l'impossibilité d'ajoindre un viseur polaire, permet une mise en station plus précise. Une mise en station très précise est nécessaire pour réussir à faire de belles photos du ciel profond à la webcam, car cela nécessite d'avoir un suivi très précis des objets puisqu'il faut faire de longues poses (j'ajoute que la qualité de la mise en station n'est pas seule en cause, la qualité du moteur entrant aussi en jeu dans le suivi, ainsi que la qualité des éléments mécaniques de la monture en elle-même, la perpendicularité des axes etc...).Bref, il existe des méthodes de mise en station plus précise que je n'ai pas essayées, mais dont on trouvera des descriptifs sur Internet. Voici quelques pistes pour ceux qui voudrait essayer d'améliorer cela :

- méthode par croisée sur la polaire

- méthode de Bigourdan (une méthode très longue mais très précise)

- utilisation du logiciel Astrosnap et d'une webcam (Astrosnap est un logiciel d'acquisition d'images, gratuit, téléchargeable sur le net, et dans lequel il y a une fonction qui permet une aide à la mise en station à l'aide d'une webcam)

- méthode visuelle par centrage du vrai pôle nord (l'étoile polaire n'est pas exactement pile au nord, mais à moins d'un degré d'écart. Certains utilisent une carte de la zone figurant la position du pôle nord, et au lieu de centrer la polaire dans l'oculaire, centrent ce point-là ).

5)Mise en température(à faire avant d'observer)

La mise en température consiste tout simplement à laisser le téléscope dehors un certain temps avant d'observer. Ceci est une opération très importante pour améliorer la qualité des images qu'on obtient, en particulier dans un téléscope dont le tube est ouvert comme le Newton.

Quand on sort le téléscope, en particulier quand il fait froid, la différence de température qu'il y a entre l'air présent dans le tube et l'air extérieur provoque des turbulences qui brouillent les images. Le même phénomène se produit quand on observe à travers une fenêtre ouverte, à cause de la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur (pour observer dans ces conditions, il faut alors laisser la fenêtre ouverte un bon moment... ce qui n'est pas très évident en plein hiver !).

On laisse donc le bouchon sur le téléscope, on le sort et on attend. Cet hiver, il m'est arrivé de laisser le téléscope 1h30 dehors avant de l'utiliser. Disons qu'une demi-heure de mise en température est souvent nécessaire (pendant ce temps, on peut préparer le téléscope, ses observations...). Si on n'a pas fait de mise en température et qu'on reste un long moment à observer, on constatera que les images s'améliorent au fil du temps, à mesure que la température s'équilibre.

L'amélioration qu'on obtient en observant après une bonne période de mise en température est très nette. Parfois, en sortant le téléscope et en commençant à observer immédiatement une planète par exemple, on observe une image brouillée, impossible à grossir, et on peut avoir l'impression que le téléscope ne fonctionne pas. Alors qu'avec une bonne mise en température, on obtient des images très bonnes. Il est encore plus important de faire une bonne mise en température si on veut faire des photos au porte-oculaire du téléscope. Mes meilleures images de Saturne ont été faites après 1h30 de mise en température.

Bref, quand c'est possible, et ça n'est pas toujours le cas, il faut toujours faire une mise en température la plus longue possible !

# Posté le lundi 13 mars 2006 14:32

Modifié le samedi 15 juillet 2006 04:19

la lune

la lune
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# Posté le dimanche 05 février 2006 03:12

Modifié le dimanche 05 février 2006 03:26

la lune

la lune

# Posté le dimanche 05 février 2006 03:11

m'ecrire

m'ecrire
si vous voulez m'ecrire je suis a votre disposition vous pouvez me poser un tas de question je donne mon adresse adri-@hotmail.fr

# Posté le samedi 04 février 2006 07:08

Modifié le jeudi 31 mai 2007 14:42

la lune

la lune
la lune vu depuis mon telescope de 130 mm motorise
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# Posté le samedi 04 février 2006 07:04

Modifié le mardi 11 avril 2006 01:49